Addiction aux jeux

Un joueur compulsif est sujet à des idées erronées, voire irrationnelles, en voici les plus fréquentes :

1/ L’illusion du contrôle, c’est ce que va ressentir le joueur totalement persuadé que les jeux de hasard comportent une plus grande part d’influence personnelle que ce n’est le cas objectivement. Et donc, c’est partant de cette fausse idée, qu’Il attribue ses gains à sa propre capacité et ses pertes à des circonstances malheureuses.

2/ L’effet Monte-Carlo, qui consiste pour le joueur à la suite d’une répétition d’évènements antérieurs, de se persuader qu’il peut en tirer des conclusions. Pour le jeu de la roulette, si le noir est tombé trois fois de suite, il est quasiment sûr de cette probabilité, soit que le rouge tombera au tour suivant.

3/ La mauvaise interprétation des probabilités de gains. Dans cette alternative, le joueur surestime souvent de manière surréaliste sa chance de gains. Par exemple, il faut savoir qu’au Loto 98% des mises ne sont pas récompensées.

4/ Le manqué de peu, phénomène particulier aux machines à sous relatif au symbole qui doit apparaître trois fois pour générer un gain. Un joueur trop confiant après deux affichages du symbole, persuadé qu’il a raté le jackpot, doit donc persévérer.

5/ L’emprisonnement qui est l’acharnement à une mauvaise décision, destiné à justifier l’investissement déjà effectué. D’accord, je suis battu, je dois bien l’admettre, mais qu’importe je vais recommencer.

Quels sont les individus les plus menacés ? Pratiquement toujours des hommes, surtout des célibataires d’une trentaine d’années environ. Il est même probable que cette dépendance a débuté souvent dès l’adolescence. Pour les femmes, bien moins nombreuses, le début de l’addiction apparaît souvent en milieu de vie.

En règle générale, lorsqu’ils sont admis en traitement, ces joueurs sont très souvent surendettés, parfois certains avec des tendances suicidaires, voire même pour quelques-uns d’avoir commis des délits criminels pour se procurer de l’argent.

25% des joueurs accompagnés ont tenté de se suicider et 90% ont des troubles de la personnalité. Celui-ci se distingue par un type de comportement perturbé à apparition répétée, apparue pendant l’enfance ou l’adolescence, ce qui les conduit à de lourds problèmes sociaux. Il s’agit souvent du trouble narcissique de la personnalité concrétisé par un sentiment démesuré de sa propre importance, le patient exagère constamment ses talents et ses performances, totalement saisi par des rêves excessifs de succès, de gloire, de pouvoir. Il se croit singulier et unique, et a un besoin constant de l’admiration d’autrui.

Quid des conséquences à un jeu pathologique ? Elles se concrétisent par le besoin de combler ses pertes, par des mises de plus en plus importantes, tel qu’au Poker qui consiste de partir en « tilt ». Vient alors une isolation sociale, accompagnée de sentiments de culpabilité et de honte. On commence par se cacher pour jouer, pour ensuite, intégrer un milieu de joueurs et, partant de là on adopte un style de vie propre au joueur uniquement caractérisé par l’orientation à répondre uniquement aux besoins subits. Cette attitude risque de favoriser les activités criminelles destinées à se procurer de l’argent pour le jeu. Ce sera inexorablement la déroute financière, la faillite, la perte du support familial, ainsi qu’une menace sur l’existence professionnelle. C’est le chemin vers des tentatives suicidaires suivies très souvent par des séjours en hôpitaux psychiatriques.

Que faire en cas d’addiction ? D’abord bien déterminer si ce comportement présente réellement une pathologie. On peut faire alors appel à Adictel ou SOS Joueurs pour obtenir le bon diagnostic. Il faudra choisir entre un traitement stationnaire ou ambulatoire. Pour un patient bien encore intégré socialement, on préconise des visites régulières par un espace conseil, un psychothérapeute, un psychologue. En cas de symptômes aggravés, on peut envisager un traitement stationnaire, ou une clinique à orientation psychosomatique ou dans une clinique de la dépendance. Une telle thérapie appliquée inclut un accord contractuel sur le respect d’une totale abstinence aux jeux de hasard. Dans tous les cas, il est essentiel de bien définir le fonctionnement exact du comportement addictif, de discuter des cognitions erronées, de développer un concept de prévention des rechutes. Enfin, il est essentiel de prendre en compt e la problématique de l’endettement du patient et donc développer un système de gestion de l’argent et des dettes. Evidemment dans cette optique, il est important d’intégrer les proches de ce processus, car en épongeant les dettes du patient, ils l’ont souvent conforté dans son comportement pathologique.

La guérison ne s’obtiendra que par un consensus patient entre la famille et le corps médical.

Pour apprendre à jouer de manière raisonnable à la roulette

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